L’Union pour l’Ecole Républicaine et ses composantes estiment que le geste tragique de ce professeur n’est pas dû, comme l’Administration de l’Education nationale voudrait le faire croire, à des problèmes privés mais bien à son désespoir profond face à la dégradation constante des conditions d’exercice de notre métier. « C’est pour vous ! » aurait-elle crié. Au travers de ce drame, c’est donc bien le malaise que connaissent de nombreux enseignants qui s’est exprimé.
Les professeurs doivent en effet faire face à une dénaturation sans précédent de leur métier qui finit par leur faire douter du sens de leur mission : des connaissances disciplinaires de plus en plus considérées comme accessoires, les exigences contradictoires des parents qui veulent que leurs enfants réussissent sans toujours s’en donner les moyens, de certains chefs d’établissements ou inspecteurs qui cèdent aux nouvelles injonctions managériales et désavouent les professeurs face à des classes de plus en plus ingérables, la quasi inexistence de la médecine préventive et l’absence de médecine du travail au sein de l’Education nationale, des réformes jamais évaluées qui font toujours davantage baisser le niveau d’exigence, des suppressions de poste massives qui accroissent les effectifs et rendent impossibles les remplacements des collègues en souffrance, autant de dysfonctionnements qui font perdre aux collègues leur motivation et conduisent de plus en plus d’enseignants à l’irréparable.
L’Union pour l’Ecole Républicaine et ses composantes appellent les personnels de l’Education nationale à observer une minute de silence à la mémoire de Lise BONNAFOUS, à la fin de la récréation du mercredi 19 au matin, en salle des professeurs, avant de reprendre en charge les élèves. L’Union pour l’Ecole Républicaine renouvelle solennellement ses demandes d’ouverture de négociation pour l’amélioration des conditions de travail et une meilleure prise en charge des personnels en difficulté ainsi que la mise en place d’une commission parlementaire afin de faire toute la lumière sur l’augmentation du taux de suicide chez les personnels de l’Education nationale.