Billet du secrétaire général

Mercredi 23 Novembre 2016

Lors d’une interview accordée à Radio France, le 3 octobre 2016, la Ministre de l’Education Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, laissait entendre qu'elle souhaitait évidemment conserver son maroquin, si les circonstances le lui permettaient. A défaut, elle avouait avoir déjà des projets pour son avenir.
Ainsi elle envisagerait de se présenter à la députation dans une circonscription du Rhône. Cela semble logique pour une personne qui a entrepris dans cette région sa carrière politique, portée par d'anciens amis aujourd'hui distants. Mais elle avouait aussi bien se voir institutrice de maternelle, à Villeurbanne, «… même comme contractuelle ».


Billet du secrétaire général
Bel hommage à la vertu de ceux qui enseignent.
Mais est-il possible que le Ministre ignore que par décret du 1er août 1990, a été créé le corps des Professeurs des Ecoles et que depuis on ne recrute plus d’instituteurs, mêmes contractuels ?
Et ce « même contractuelle » inquiète, car bon nombre de ces contractuels sont engagés, que ce soit dans le premier ou dans le second degré, pour pallier le manque important de professeurs dans certaines matières, ou pour assurer d'impossibles remplacements. Pour preuve, ce journaliste de l’émission « Envoyé spécial » juste un mois plus tard, qui racontait comment il a réussi à devenir professeur de mathématique de l'académie de Créteil, après un simple entretien de dix minutes, de son avis raté, et un manque total d’expérience dans ce métier.

On peut comprendre que la Ministre, certainement en souvenir de sa propre scolarité primaire, puisse être nostalgique de l’époque où les Instituteurs étaient les descendants directs de ces fiers hussards de la République, formés par leurs pairs dans les écoles normales et les écoles annexes.

A ce jour, en 58 ans, la Vème République a connu 32 Ministres chargés de l’Education Nationale, sous diverses appellations, certains pour quelques jours d’autres pour quelques années. En moyenne, un Ministre officie entre deux et trois ans.
Conscients de l’état de notre école, certains d’entre eux ont essayé, de façon très pragmatique avec l’aval d’enseignants de terrain, de mettre en place des expérimentations ou de modifier des programmes d’enseignement pour résoudre cette fracture scolaire toujours plus profonde. Jamais ils n’ont eu le temps de voir leur projet aboutir, de l’évaluer avant qu’un autre n’arrive à la barre, ignorant bien sur les propositions de son prédécesseur. C’est là que se situe l’un des problèmes de l’Education Nationale.

D’autres comme Najat Vallaud-Belkacem, ouvrent en grand les portes aux « pédagogistes » sans tenir compte de l’avis des enseignants qui, tous les jours sont confrontés aux réalités du terrain. On sait l’importance donnée à l’a thèse d' A. Antibi, la Constante Macabre. Son concept ravageur et mal fondé par des études sur interprétées, pose qu'un pourcentage irréductible de mauvaises notes sont données à chaque évaluation par l’écrasante majorité des professeurs, figeant une interprétation médiocre des performances de la majorité des élèves, et distinguant deux autres catégories, les très mauvais résultats d’un côté et les excellents de l’autre. 95 % des professeurs le reconnaîtraient.
Sur les bases fragiles d'études limitées, le Mouvement Contre La Constante Macabre (MCLCM) en partenariat avec la DEGESCO ont créé un dispositif se voulant libérateur, appelé Évaluation par Contrat Confiance (EPCC) qui consiste en la présentation claire et précise des objectifs que les élèves doivent atteindre, une séance de « questions-réponses », avant l’évaluation, celle-là même qui doit reprendre pour 3/4, les objectifs de la séquence et pour 1/4, « aller plus loin »…

De qui se moque un tel dispositif qui réinvente en jargonnant le réel et montre qu'Antibi, MCLCM et DEGSCO, ne savent rien de ce qui se passe dans une salle de classe. Peut-on imaginer qu’un enseignant évalue ses élèves sur des leçons qu’ils n’ont pas étudiées, qu’il ne leur dit pas ce qu’ils doivent réviser? En vérité, c'est de nourrir l'illusion qu'il s'agit, l'illusion macabre de familles à qui l'on a fait constamment croire qu'à apprendre toujours moins, on savait toujours plus : seule constante macabre des trente piteuses de l'Ecole.

Issu de la même veine, le Livret Scolaire Unique (LSU), souhaitons bon courage aux enseignants pour le renseigner, mais aussi et surtout, bon courage aux parents pour le décrypter.

Bientôt, des élections présidentielles. C'est l’heure des promesses de « révolutionner » notre système scolaire pour le rendre plus égalitaire, pour redonner à l’enseignant le respect qui lui est dû par les élèves, par les parents … Messieurs les candidats, comprendront-ils enfin qu'un demi-siècle d' innovations n'a produit que le cache-misère de nos abandons ? Et même de « pays lointains » qu'on nous citait comme l'incarnation des dogmes nous reviennent enfin des propos alarmés. En Suède où d’après l’OCDE, rien ne va plus, on a choisi de faire la révolution, c'est à dire revenir da capo aux méthodes abhorrées de l'enseignement explicite, progressif et évalué à chaque étape, afin d’améliorer le niveau de savoirs des élèves, sans lesquels il n'est aucune compétences, et réduire les inégalités.

A bon entendeur, salut.

Jean-Claude HALTER, secrétaire général de la CSEN


JEAN-CLAUDE HALTER, SECRETAIRE GENERAL DE LA CSEN, ELU PRESIDENT DE L'ACADEMIE EUROPE DE LA CESI

Le 22 juin 2017 s’est tenue l’Assemblée générale de l’Académie Europe de la CESI, la CSEN et la FGAF ont été mises à l’honneur.


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