AVOIR RAISON

Lundi 16 Juin 2014

La fin de l’année scolaire, alors qu’un nouveau ministère commence encore, aura donné trois fois raison à la CSEN-FGAF.



D’abord sur la question des « rythmes scolaires » de l’enseignement primaire. Il s’agissait en fait, redisons-le, de la question du périscolaire. Dans cette affaire, le S.N.E, et le S.NA.L.C. ont été à la pointe de la contestation d’une décision inapplicable et refusée par un très nombre de municipalités, de parents et d’enseignants. Sur la seule volonté d’exiger le maintien de la « semaine des quatre jours », la pétition lancée par le SNE aura recueilli plus de 50 000 signatures. Un chiffre inespéré, mais qui dit tout. Il dit que nos collègues en ont assez d’être les objets de lubies ou d’inspirations « géniales » qui modifient l’exercice de leur métier sans que jamais leur avis ne soit pris en compte. Cadres supérieurs de la Nation, les professeurs exigent d’abord le respect du métier qu’ils construisent. Ils veulent être respectés, être des sujets, et non des objets.
Les professeurs, de la Maternelle à l’Université, comme les chefs d’établissements et inspecteurs, comme les agents, administratifs, techniques, de santé, que la CSEN rassemble sont ouverts à la réforme, à l’innovation. Mais pour eux, elle n’est justifiée que par la nécessité. On ne réforme pas pour réformer. On ne change pas le sens de l’enseignement, qui est de transmettre, de la maternelle à l’université, des connaissances, des savoirs, et, à leur place, les compétences qu’ils impliquent, d’une manière construite et ordonnée.

Ensuite, sur la question du jour de pré rentrée au 29 août. Rappelons que dès février et la présentation du calendrier de l’année, le SNALC avait déposé un préavis de grève. Nombre de collègues du second degré l’avait alors contacté, et approuvé. Dans le 1er degré, par contre, certains collègues n’ont pas saisi le sens de notre action, il est vrai qu’une majorité de PE et de directeurs d’écoles préparent leur rentrée bien avant le jour « officiel ». Faut -il rappeler que toutes les nominations sont datées du 1er septembre, administrativement, en cas d’accident, cela aurait pu poser problème et surtout accepter la pré rentrée le 29 août, c’est la porte ouverte à toutes les dérives pour l’avenir, pourquoi pas le 28 l’année prochaine et …
D’autres syndicats, en toute dernière minute, inquiets de l’impact qu’allait avoir cet appel, se sont ralliés à sa position. Le ministère a entendu. Très récemment, nous apprenions que le ministre n’imposera pas le rattrapage de cette journée. La CSEN-FGAF a eu raison. Sur quoi a-t-elle eu raison ? Sur le seul fait qu’il fallait entendre, là-encore, le « ras-le-bol » (quel autre mot employer ?) de la profession tout entière.

Enfin, dernier point et non des moindres. Souvenons-nous du débat qui avait été soulevé par le décret du 24 juin 2011 créant une automaticité des peines sanctionnant les élèves des établissements d’enseignement secondaire en cas d’indiscipline. Seule la CSEN-FGAF l’avait approuvé et défendu. Libérant les chefs d‘établissements de la honte d’avoir à entrer dans des arbitrages inadmissibles, le décret prévoit en particulier qu’ils sont tenus d’engager une procédure disciplinaire dans deux cas : lorsque l’élève est l’auteur de violence verbale à l’égard d’un membre du personnel de l’établissement scolaire et lorsque l’élève commet un acte grave à l’égard d’un membre du personnel ou d’un autre élève. La barre est haute! On le voit. Or la FCPE (parents d’élèves) et l’UNL (Union nationale lycéenne), auxquels les moyens ne manquent pas, s’étaient pourvues devant le Conseil d’Etat pour faire annuler cette disposition. Inutile de dire que l’on en fut abasourdi. Si l’on n’a plus d’illusions sur le respect qu’on porte au maître, où est même « l’intérêt de l’élève » alors que la dernière enquête PISA a placé en tête des raisons des difficultés des élèves français…leur indiscipline ! Le Conseil d’Etat a statué et donné tort aux deux associations. C’est sans appel.

Commence-t-on à comprendre qu’il n’y a pas d’enseignement possible sans respect des savoirs et des maîtres ? Commence-t-on à comprendre que les recettes pour redresser la barque de notre Ecole sont simples et sont celles du bon sens ? La CSEN-FGAF, à qui les faits viennent de donner trois fois raison, en tout cas invite les collègues à la rejoindre dans ce combat du bon sens qu’elle a toujours mené.

Jean-Claude HALTER


COLLOQUE CESI à BUDAPEST : Les syndicats en faveur d'une approche de tolérance-zéro à l'égard de la violence au travail

Jean-Claude HALTER, Président de la CESI-Académie Europe, secrétaire général de la CSEN a clôturé le colloque de la CESI qui s'est déroulé à Budapest le 25 octobre 2019


Les écoles

Les Personnels de laboratoires

La CSEN fait partie des membres fondateurs de la Confédération Européenne des Syndicats Indépendants

Infos XML