Billet du Secrétaire Général : ASSOCIATIONS DE PARENTS ET REFORMES : LA FABRIQUE DU SOUTIEN.

Vendredi 26 Juin 2015

Un poids surévalué.
On sait le poids déterminant de la parole des « parents d’élève » dans le soutien apparent aux réformes de l’éducation nationale. Elle est régulièrement mise en scène dans les media. Récemment encore, Jean-Jacques Hazan puis Paul Raoult, son clone, pour la FCPE, Valérie Marty, pour la PEEP étaient devenus des figures des « 20 heures » et autres débats. Mais que représentent vraiment leurs fédérations ?


Billet du Secrétaire Général : ASSOCIATIONS DE PARENTS ET REFORMES : LA FABRIQUE DU SOUTIEN.
En consultant sur le site du Ministère le résultat des élections de parents d’élèves pour l’année scolaire 2014/2015, on peut remarquer que le nombres potentiel d’électeurs pour le 1er et 2eme degré, n’est pas donné ; seul, le nombre et le pourcentage des « votants » est notifié, 46 % pour le 1er degré et 24% pour le 2eme. Si l’on considère le nombre d’inscrits, pour le 1er degré, les associations dites « représentatives » ne représentent, environ que 7% pour la FCPE et que 1% pour la PEEP des parents d’élèves inscrits. Pour le 2éme degré, dans les collèges, la FCPE représente environ 11% et la PEEP 2% des inscrits, dans les lycées généraux 13% pour FCPE et 4% pour la PEEP.

Des soutiens bien soutenus.
Ces associations ne représentent donc, en réalité, qu’une infime partie des parents d’élèves. Or pour l’opinion, elles sont devenues « les parents d’élèves ». Pour soutenir ce rang, que les adhésions ne leur permettraient pas de financer, le contribuable français pourvoit largement à leur entretien. Pour exemple, la FCPE obtient en 2012, une subvention de 333 000 euros du Ministère de l'Éducation Nationale, elle est portée à 480 000 en 2013. Le Ministre d’alors justifie cette augmentation comme un « rattrapage » par rapport au précédent quinquennat. On peut cependant noter que la FCPE, pourtant très critique à l’encontre de la réforme des rythmes scolaires, s’est mise, dès la subvention accordée, à soutenir le projet controversé de Vincent Peillon.

Qui a soutenu les réformes ?
Par communiqué de presse, la CSEN/FGAF se posait la question de savoir qui soutient encore les réformes ?
En effet, la défaite historique du président de la FCPE lors de ses élections internes est lourde de sens. Pour la première fois depuis 1947, une direction est sanctionnée par une base qui a clairement dénoncé la ligne suivie par Paul Raoult, continuateur de Jean-Jacques Hazan. C’est donc que leurs positions étaient en fait minoritaires dans cette fédération qui représente moins de 10 % des parents d’élèves des écoles et des collèges. Or ils ont soutenu en surenchérissant la politique scolaire du gouvernement. Ce dernier a pu ainsi s’appuyer « sur la plus grosse fédération de parents » et donc sur « les parents », pour légitimer le passage en force de réformes ou d’orientations, très largement rejetées sur le terrain :
-avant-hier, réforme des rythmes scolaires qui mécontente trois quarts des usagers de l'école primaire : enseignants, parents, élus, jusqu’au syndicat majoritaire des inspecteurs de l’école primaire dénonçant le manque d'efficacité pédagogique de cette réforme, qu’il est pourtant « obligé » de faire appliquer sur le terrain,
-hier, remise en cause de l’application rigoureuse du principe de laïcité dans les missions d’enseignement, concrétisée par la volonté de « redéfinir les valeurs de la République »,
- aujourd’hui, réforme des collèges, rejetée en masse par les enseignants et par de très nombreux intellectuels de tous bords politiques, mais aussi par le second syndicat des Inspecteurs d’Académie qui dénonce cette consultation « menée au pas de charge » et formule le souhait de discussions «envisageant globalement la question du collège, approchée jusqu'ici de façon fragmentaire, parfois caricaturale, idéologique et contrainte » .

Cela peut-il durer ?
Malgré les dénégations d’une nouvelle direction ignorant le nombre croissant de ses conseils départementaux gagnés par la fronde, les faits aujourd’hui révèlent qu’on a usurpé la parole des familles pour servir une politique dont elles ne veulent pas. La leçon est simple : c’est son soutien aux réformes qui a été condamné par le rejet du rapport d’activité de la FCPE. Résumons-nous : s’il n’y avait pas de réalité dans ce soutien, le gouvernement s’est donc appuyé sur du vent.
Et pourtant, cela devrait malheureusement continuer ainsi, puisque madame MOYANO, ex-trésorière, élue le 6 juin à la tête de la FCPE a annoncé au sujet de la réforme des collèges que la Fédération : « l'a portée, l'a construite et [qu’elle est] toujours d'accord sur l'essentiel » : l’ordre règne.
Attendons donc de connaître les attributions des prochaines subventions et nous saurons …
Mais peut-on penser que les familles de France se satisferont longtemps de ce simulacre?
Il serait temps que des dispositions législatives nouvelles favorisent la libre représentation locale des parents, dans les écoles, les collèges, les lycées.

Jean- Claude Halter
Secrétaire général de la CSEN



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