COLLOQUE CESI à BUDAPEST : Les syndicats en faveur d'une approche de tolérance-zéro à l'égard de la violence au travail

Mardi 29 Octobre 2019

Jean-Claude HALTER, Président de la CESI-Académie Europe, secrétaire général de la CSEN a clôturé le colloque de la CESI qui s'est déroulé à Budapest le 25 octobre 2019


COLLOQUE CESI à BUDAPEST : Les syndicats en faveur d'une approche de tolérance-zéro à l'égard de la violence au travail
Mesdames, Messieurs,
Chers collègues, chers amis,

C'est à moi que revient l'honneur et le plaisir de clôturer cette journée de travail riche et fructueuse. Je vais essayer d'être bref et ne pas plagier les remarquables interventions qui ont précédé mon propos

Je tiens donc, tout d'abord, à remercier et à féliciter les personnes qui sont intervenues durant cette journée. Leurs présentations et les débats qu'elles ont engendrés, furent intenses et surtout de qualité. Ils nous ont permis de mieux cerner les diverses formes que prennent ces violences et le harcèlement, ainsi que les publics qui en sont les victimes.

Les violences et le harcèlement sont des réalités dans le monde professionnel, tant dans le secteur privé que dans la fonction publique.

Les violences et le harcèlement peuvent présenter des formes différentes d’un pays à l’autre, d'une région à l'autre, d’un secteur professionnel à un autre. La perception de la violence peut varier d’une culture à l’autre. Cependant, on constate que malgré ces formes apparemment différentes, il existe de nombreuses similitudes dans leurs tristes applications et dans les dégâts qu'ils occasionnent. Nos échanges d’expériences, comme ce fut le cas pour ce projet, ne peuvent qu’être bénéfiques pour lutter contre ces fléaux. Il est important de savoir ce qui se passe chez soi mais c'est aussi capital de savoir comment cela se passe et se vit chez nos voisins proches ou plus lointains.


En tant qu'ancien directeur d'école dans les quartiers "difficiles" de Strasbourg, j'ai toujours été particulièrement sensible à toute forme violence, qu'elle soit physique, verbale et/ou psychologique à l’égard des enseignants et des personnels de l’éducation. Il y a encore quelques années cette violence dirigée contre l'enseignant venait essentiellement de parents mécontents qui souvent avaient mal vécu leur scolarité et se permettaient par le biais de leurs enfants de régler leurs problèmes avec l'école. Ces altercations restaient souvent au sein de l'établissement.

Aujourd'hui nombres d'agressions de toutes sortes, d’ailleurs de plus en plus violentes, sont perpétrées par des élèves qui se filment et diffusent leurs "exploits" sur les réseaux sociaux. Pour moi, c'est grave, c'est très grave.

Que faire pour que cessent ces « cyberagressions » ?
Que faire pour faire comprendre à ces agresseurs la gravité et la portée de leurs actes ?

La cybersécurité est un sujet majeur pour le secteur de l'éducation : la « cyberintimidation » qui passe par les réseaux sociaux étant une forme dangereuse de harcèlement, les écoles doivent veiller à ce que les élèves et les enseignants bénéficient d'une protection et d'un soutien sans faille. Le soutien signifie également une formation adéquate sur la meilleure utilisation des nouvelles technologies et sur l’utilisation des médias sociaux dans un esprit critique.

Au-delà du secteur de l’éducation, nous, les syndicats, avons été nombreux à exprimer nos inquiétudes face à l’augmentation de la violence subie par les personnels.

Les cas de violence à l’encontre des agents de la fonction publique sont enfin de plus en plus relayés par les médias, du moins en France, ainsi la politique du "pas de vagues" et du "tout va bien" qui était de mise n'est plus possible, cela signifie que la violence est enfin prise en compte, qu’elle existe, et qu'elle devient un enjeu majeur de société. Nos Administrations ne peuvent plus l’ignorer !

Il incombe aux syndicats de veiller à la protection et au soutien des travailleurs victimes de violence, afin que ces derniers ne se sentent pas abandonnés et ne soient pas isolés et/ou démunis dans la gestion de situations difficiles et conflictuelles.

Dans ce contexte, la campagne CESI « tolérance zéro à la violence » vise à être un « outil » concret pour les syndicats des secteurs les plus concernés par ce problème, elle vise à défendre et valoriser l’image et le rôle de la fonction publique auprès des décideurs politiques, au niveau national comme européen.

Cet " outil " est censé fournir un élément supplémentaire pour renforcer les travaux déjà menés dans le cadre du dialogue social européen et notamment au niveau des lignes directrices multisectorielles élaborées en 2010 sur la violence des tiers et le harcèlement au travail. Elles sont désormais aussi appliquées dans le secteur des administrations centrales depuis fin 2018. La CESI les a signés.

Le but ultime de cette double action est, d’une part, de relayer les préoccupations des travailleurs du terrain pour qu'elles deviennent aussi des préoccupations européennes et, d’autre part, pour démontrer la valeur ajoutée par l’action européenne dans un domaine qui mérite des outils spécifiques pour réaliser ses enjeux et pour les répercuter sur les travailleurs et la société en général.
En effet, alors que les employés du secteur public mènent des missions d’utilité publique, ils continuent à subir les effets persistants de la crise particulièrement les restructurations et les réductions de personnels qui peuvent affecter la qualité du service, ce qui mène souvent à une augmentation du risque d’agressions physiques ou verbales envers les employés.

Pour conclure et vous l’aurez compris, la réflexion ne prend pas fin aujourd’hui. Nous devrons continuer à nous mobiliser, à nous tenir informés, à intervenir en faveur des employés de tout secteur, partout où le dialogue est possible.
La CESI, présente sur la scène européenne, se fera la voix de nos échanges via la campagne européenne de « tolérance zéro à la violence » et d’une vidéo de sensibilisation, que nous nous engageons dès aujourd’hui à soutenir et à diffuser au sein de nos pays respectifs et auprès des travailleurs.
Le projet se conclura avec la présentation de la campagne à Bordeaux, en France le 5 Juin prochain.
Je tiens à remercier :
- Mme BOROS et le syndicat hongrois MKKSZ dont elle est Présidente, hôte de ce colloque.
- La Commission Européenne pour sa participation financière
- Tous les intervenants et le modérateur Dirk Anton Van Mulligen qui suit le projet du début et jusqu’à la fin
- Toute l’équipe de la CESI
- Et les interprétes

Chers collègues, je vous remercie de votre attention et vous souhaite un bon retour dans vos foyers ou une bonne fin de séjour dans cette belle ville de Budapest.


COLLOQUE CESI à BUDAPEST : Les syndicats en faveur d'une approche de tolérance-zéro à l'égard de la violence au travail

Jean-Claude HALTER, Président de la CESI-Académie Europe, secrétaire général de la CSEN a clôturé le colloque de la CESI qui s'est déroulé à Budapest le 25 octobre 2019


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