De la REFORME

Samedi 16 Décembre 2017

L’Europe commémore depuis le 31 octobre les cinq cents de la Réforme. Octobre 1517, et le 31, suivant le témoignage de Mélanchton, un Ministre du culte, Martin Luther, aurait placardé sur les portes de l’église de la Toussaint de Wittemberg ses 95 thèses condamnant violemment le com-merce des indulgences, et plus brutalement encore les pratiques de haut clergé. L’histoire ne se répète jamais dit-on, mais on est convenu qu’elle bégaye. Il serait tentant de chercher dans notre actualité ce qui aujourd’hui constituerait un séisme semblable. Nous pourrions parler de l’Ecole en France, qui a usé treize ministre en vingt ans et fait plus de réformes encore. Le mot réforme sem-ble lui appartenir. Poussons la comparaison. On a appris que la Réforme fut avant tout une volonté de retour aux sources du christianisme et qu’une révolution technologique majeure la porta, l’imprimerie. Notre siècle de la révolution numérique s’inscrit dans la comparaison. Nous aurions les éléments d’un bel exercice de style. Voyons d’abord ce qu’il en est. Y a-t-il réforme ? Voire, y a-t-il contre-réforme ?


De la REFORME
PAS DE REFORME, DES AJUSTEMENTS ?

Octobre 2017, un ministre de la République occupe la rue de Grenelle. Il a affirmé qu’il n’y aurait pas de loi scolaire qui porterait son nom. Pour sa première rentrée et en trois mois d’activité effective, le bilan de l’action est déjà important. Etudes dirigées après la classe, dédoublement des cours préparatoires, semaine des quatre jours répondent à l’urgence affichée du primaire. Mathématiques, grammaire, enseignement de la littérature au collège, ce sont bien des grands bouleversements qu’on annonce, si le mot de réforme est congédié.

En mathématiques, les quatre opérations (addition, soustraction, multiplication et division) devront être maîtrisées entre le CP et le CE1, alors que la division n’est actuellement plus enseignée qu’au CM1. En grammaire, tous ceux qui voyaient avec consternation évacuer le complément d’objet indirect, remplacé par le terme « predicat », peuvent se rassurer. Le Ministre a dénoncé une « notion inutilement complexe ». Cette notion devra retrouver sa juste place : dans un enseignement de spécialiste, dans le cursus des études universitaires. Pour le français au collège, fini les « grandes idées un peu conceptuelles », a-t-il posé, les programmes ne seront plus rédigés autour de grands thèmes comme « le monstre » ou « le voyage » pour découvrir ensuite les auteurs. Le Ministre veut une progression par courants et époques. En la personne du nouveau directeur général de l’enseignement scolaire, Jean-Marc Huart, a été nommé un inspecteur général à la hauteur de cette ambition. Quant à la discipline générale des établissements, plus de téléphones portables dans les collèges. « Comme en conseil des ministres. Nous déposons nos portables dans des casiers avant de nous réunir Il me semble que c’est faisable pour tout groupe humain, y compris une classe » a précisé avec humour le Ministre à cette occasion. Et puis un « parti pris des professeurs » face aux médias voire à un autre Ministre qui tranche avec les habitudes.

UNE REFORME.

Nous ne sommes pas au terme de l’inventaire. Dans une récente émission de télévision, Jean-Michel Blanquer a nettement pris position sur la question de l’écriture inclusive. L’égalité homme-femme est fondamentale et il est dommage de la dévoyer vers ce sujet-là. « Il y a une langue française, ne mélangeons pas tous les sujets, plusieurs pratiques dans la francophonie et des règles qu’il est important de transmettre aux enfants. Il faut que la grammaire soit claire, que l’orthographe s’améliore chez les enfants ». C’est sans doute le même esprit de clarté qui veut prévaloir dans l’annonce d’une réforme du baccalauréat, cette fois le mot est lancé, tout à fait en lien avec celle de l’accès aux universités par ailleurs arrêtée. La plus importante des rénovations en la matière sera sans doute que les professeurs auront désormais leur mot à dire dans la procédure. Désormais lors du conseil de classe du premier trimestre, « l’équipe éducative prend connaissance des intentions des lycéens et formule des conseils et des recommandations pour alimenter leur réflexion et, le cas échéant les aider à affiner leur projet. L’échange avec chaque lycéen se poursuit tout au long du deuxième trimestre. Le conseil de classe du 2e trimestre examine les vœux des candidats afin de contribuer aux avis portés par le chef d’établissement ».Sic.

L’Ecole connaît aujourd’hui une vraie réforme qui semble bien manifester la volonté d’un retour aux sources de l’enseignement français. Notamment en voulant mettre un terme au commerce des indulgences scolaires que le clergé pédagogiste a entretenu pendant quarante ans, pour le malheur des fidèles de l’Ecole publique. Toute la question sera celle de sa mise en œuvre et de l’adhésion des troupes, taraudées entre l’espoir créé et le quotidien immobile encore. La désillusion serait fatale et la fureur de la contre-réforme allumerait les bûchers joyeusement.

Jean-Claude HALTER, Secrétaire Général de la CSEN


De la REFORME

L’Europe commémore depuis le 31 octobre les cinq cents de la Réforme. Octobre 1517, et le 31, suivant le témoignage de Mélanchton, un Ministre du culte, Martin Luther, aurait placardé sur les portes de l’église de la Toussaint de Wittemberg ses 95 thèses condamnant violemment le com-merce des indulgences, et plus brutalement encore les pratiques de haut clergé. L’histoire ne se répète jamais dit-on, mais on est convenu qu’elle bégaye. Il serait tentant de chercher dans notre actualité ce qui aujourd’hui constituerait un séisme semblable. Nous pourrions parler de l’Ecole en France, qui a usé treize ministre en vingt ans et fait plus de réformes encore. Le mot réforme sem-ble lui appartenir. Poussons la comparaison. On a appris que la Réforme fut avant tout une volonté de retour aux sources du christianisme et qu’une révolution technologique majeure la porta, l’imprimerie. Notre siècle de la révolution numérique s’inscrit dans la comparaison. Nous aurions les éléments d’un bel exercice de style. Voyons d’abord ce qu’il en est. Y a-t-il réforme ? Voire, y a-t-il contre-réforme ?


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