Deux ans après …

Mardi 11 Mars 2014

Entre le moment où cet article a été écrit et celui où vous le lirez, il devrait y avoir, selon les rumeurs persistantes dans les médias, un remaniement ministériel, et donc un possible changement dans la gouvernance de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur.


A moins d’avoir une boule de cristal , impossible de faire un pronostic. Nouveaux Ministres ou pas ? Qui fera quoi ?

La presse s’est fait l’écho de l’ambiance délétère qui règne actuellement rue de Grenelle. En effet, dans son article de l'Express intitulé - « La guerre est déclarée au cabinet de Vincent Peillon » la journaliste M. C Missir, écrivait : « Le directeur de l'enseignement scolaire, Jean-Paul Delahaye, et le directeur de cabinet du ministre se déchirent par mails interposés. Une guerre ouverte qui risque de compliquer le fonctionnement du ministère... alors que le ministre de l'éducation nationale est régulièrement donné partant, ses proches collaborateurs à couteaux tirés cherchent une porte de sortie. L’un devrait rejoindre son corps d'origine, et l’autre a d'ores et déjà annoncé son intention de quitter son poste ». Notre ministère avait-il besoin de cet épisode supplémentaire ?

« Refonder l’école » devait être l’enjeu majeur du quinquennat. Quel bilan tirer de ces deux dernières années ? Malgré cette volonté présidentielle forte, ce premier bilan d’étape est des plus mitigés, certaines décisions allant même à l’encontre du bon sens !

Revenons sur trois points marquants de la Refondation :
1) La Réforme des Rythmes Scolaires (RRS) :
C’est le tôlé général ! Les 20% de communes qui l’ont appliquée à la rentrée 2013 en font un bilan des plus alarmants : outre la difficulté de trouver des intervenants, la fatigue des élèves, et aucun avantage pédagogique, il faut ajouter son coût exorbitant
Alors que pour la rentrée 2014, toutes les écoles publiques devront être concernées, parents, élus municipaux et la majorité des enseignants sont plus que jamais vent debout contre la mise en place de la semaine de 4 jours et demi. D’autant plus que dans le même temps le gouvernement annonce la baisse des dotations aux collectivités territoriales. Certaines municipalités ont déjà annoncé qu’elles seront dans l’obligation de demander une participation financière aux familles pour la mise en place de la RRS. Cela va à l’encontre de tous les principes qui régissent notre Ecole Républicaine et surtout celui de l'Egalité!

2) La création de 60 000 postes promise sur 5 ans ! :
Pour la rentrée 2014, il y aura 8 804 créations d’emploi, 4118 concernent des emplois de personnels administratifs et médicosociaux, et 4686 de professeurs dont 4341 dans le public et donc 345 dans le privé sous contrat. Nous sommes certes loin des 12 000 emplois/an promis, même si cela est mieux que rien. Il faut dire que le cumul de cette mesure sur le quinquennat, s’élève à 7,1 milliards d’euros d’après l’Institut de l’Entreprise!

3) La théorie du genre:
L’entretien de N. Pologny dans les colonnes du Figaro au sujet de son livre «L'école ne fabrique plus des hommes libres, mais des incultes » est des plus pertinents et résume bien la situation. Elle déclare en effet : « La polémique autour de la théorie du genre, bien qu'elle ait été instrumentalisée par certains extrémistes, illustre la propension de l'école à vouloir concurrencer la vision du monde transmise aux enfants par leurs parents. Il me paraît plus urgent d'apprendre aux élèves à lire, écrire et compter. En tant qu'héritier des Lumières, Condorcet misait sur l'intelligence pour élever les esprits. C'est par là que passe le combat pour l'émancipation et non par un vague catéchisme moralisateur. »


Pour le reste, il faut reconnaître que, sur la forme, le dialogue social n’a pas été négligé. Les organisations syndicales ont été fréquemment consultées. De nombreux groupes de travail se sont tenus, durant l’été 2012 sur la Refondation de l’Ecole, et 13, depuis novembre 2013, sur l’évolution des métiers de l’Education. Mais tant d’heures de réunion pour quels résultats ?
Concernant l’évolution des métiers elle se résume à cette annonce du Ministre : « L'intégralité des missions des enseignants du second degré sera désormais reconnue et traduite dans un texte réglementaire qui remplacera les décrets de 1950 et dont l'application sera effective à la rentrée 2015 » c'est-à-dire quelques mesurettes, reconnaissant l’évolution du métier d’enseignant depuis 1950, par rapport à la préparation des cours, aux relations avec les parents d’élèves…! Aucune annonce pour améliorer les conditions de travail des professeurs du primaire.
Quant au pouvoir d'achat, le dégel du point d’indice n'est toujours pas à l'ordre du jour et l’annonce du gel des promotions et de l’avancement, certes démenti par certains mais confirmé à demi-mot par d’autres, ne laissent aucune perspective d'amélioration de notre situation.

Il faut donc souhaiter « bon courage » à la prochaine équipe et espérer surtout qu’elle nous laisse faire notre métier de transmission de savoir sans nous imposer des thèmes comme les « ABCD de l’égalité ». Laissons ces principes d'éducation aux parents, c’est leur rôle, le nôtre c’est de donner la meilleure instruction possible aux élèves qui nous sont confiés. C’est là notre seul credo.

JC HALTER

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