LES PRESIDENTIELLES APPROCHENT : NOUS SOMMES SAUVES....

Mardi 2 Octobre 2012

Pas nécessairement ! Si les candidats semblent s’accorder sur un point, c’est bien sur le fait de redéfinir le métier d’enseignant. Certes, mais dans quel but ? Agir pour réduire la pénibilité quotidienne et les risques de « burn out » ? Protéger davantage l’enseignant dans un contexte de judiciarisation accrue où l’enseignant victime passe dans le camp des coupables en quelques heures ? Reconsacrer l’école à ses missions fondamentales de transmission des savoirs ? Rendre l’arsenal légal qui redonnerait l’autorité aux enseignants ? Imposer des codes moraux pour restituer le respect qui leur est du ? Permettre par une réforme systémique d’avancer plus vite et de prétendre aux salaires des pays européens tels l’Allemagne ou l’Angleterre?




Bien sûr que non !
Face au malaise de l’Ecole, beaucoup de mots et d’intentions soufflées par des conseillers ignorants les réalités du terrain et le quotidien des Enseignants.
En effet, les 2 candidats prétendus favoris par les sondages rivalisent de démagogie, d’incohérence et de fausses routes délivrant des discours populistes vis-à-vis de l’opinion publique et des familles.
Que croire ?
D’un coté on retiendra, dans un contexte économique de crise profonde, la création de 60 000 postes, sur 5 ans, et en même temps des efforts budgétaires en faveur de la maternelle, l’élémentaire et la médecine scolaire. De l’autre, pour pallier les futures suppressions, on propose à des professeurs de collège volontaires d’augmenter leurs nombres d’heures de cours, soit une nouvelle version du gagner plus…en travaillant beaucoup plus (ce que certains jeunes profs risquent cependant de faire compte tenu de la médiocrité des salaires !). Il serait toutefois malhonnête de ne pas relever la promesse annoncée pour l’école primaire : la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite serait levée. Parfait ! Mais pourquoi n’y avoir pas pensé avant ?
Tous deux sont toutefois d’accord sur une chose : allonger le temps de travail en raccourcissant les vacances d’été et en finir, dans le primaire, avec la semaine de quatre jours. Une erreur grave quand on connaît les désirs du terrain. La vision exclusivement politique de lobbys majoritaires qui influent sur la campagne, pourrait coûter cher à l’un comme à l’autre…et surtout aux enseignants.
Mais l’élection présidentielle n’est pas une machine à deux pôles uniques, pas encore.
Donc Pour un autre candidat du top 5 des sondages, ancien Ministre de l’Education (très consensuel), on a fortement l’impression que les propositions relèvent d’un amalgame des revendications syndicales des dernières élections professionnelles, un savant dosage entre l’"ancien" et le "nouveau" afin de ne déplaire à personne, ni aux enseignants, ni aux parents. Mais cela ne sera pas suffisant pour sortir notre Ecole de l’ornière où elle se trouve ! Quand il affirme sur son site mi-janvier «je suis affirmatif en disant que je n'ai aucun doute que les 5%, les meilleurs et les plus expérimentés des enseignants français sont largement au niveau des meilleurs pays dans le monde.» on se dit (en souhaitant ne pas en faire partie) que les 95% restants ne sont clairement pas à la hauteur.

Pour les 2 candidats idéologiquement les plus opposés, il faudrait pour l’une, une école exigeante où on cessera les aventures pédagogistes et pour l’autre, augmenter les salaires et cesser d’organiser l’institution comme un marché. De tout cela, retenons que la priorité n’est que de circonstance dans des évidences floues qui ne traitent du fond que par la forme, et encore !

Le nouvel âge d’une campagne qui n’arrive même pas à rassurer sur les principaux problèmes est arrivé. C’est même l’inverse qui se produit, sans même peut être en avoir conscience. Violence à l’école, classes surchargées, priorité aux fondamentaux bafouée, laïcité détournée, pourvu que dans cette méconnaissance chronique des situations, le futur élu fasse le moins possible de « toujours plus de ce qui ne marche pas » en esquissant des mesures de bon sens sans pour cela rompre définitivement avec le pédagogisme et en ménageant ses chantres.
Au rythme effréné, sondages aidant, où les annonces se succèdent, il est à parier que d’ici le 22 avril d’autres promesses floues seront faites pour essayer de s’attirer le vote des enseignants !

Jean Claude HALTER
Secrétaire Général de la CSEN

CSEN

COLLOQUE CESI à BUDAPEST : Les syndicats en faveur d'une approche de tolérance-zéro à l'égard de la violence au travail

Jean-Claude HALTER, Président de la CESI-Académie Europe, secrétaire général de la CSEN a clôturé le colloque de la CESI qui s'est déroulé à Budapest le 25 octobre 2019


Les écoles

Les Personnels de laboratoires

La CSEN fait partie des membres fondateurs de la Confédération Européenne des Syndicats Indépendants

Infos XML