Quand notre ministre oublie que le mieux est l’ennemi du bien…

Jeudi 19 Mars 2020

L’ensemble des enseignants du territoire a été destinataire d’un message du ministre Jean Michel Blanquer mercredi 18 mars.


La première partie du message a valeur de remerciements pour notre engagement et notre réactivité face à la situation sans précédent que connait notre pays, et notamment notre institution. En effet, partout, les enseignants se sont mobilisés pour mettre en place un suivi pédagogique à distance, parfois dans l’urgence lorsqu’il n’existait pas d’ENT dans les écoles. Que ce soit via un site d’école, via le CNED, ou en utilisant les messageries, les professeurs des écoles ont su faire preuve d’initiative et d’ingéniosité pour assurer la continuité pédagogique.

Dans bon nombre d’écoles, beaucoup d’enseignants ont accepté également d’encadrer les enfants de personnel soignant, par solidarité, parfois alors qu’ils ont eux-mêmes une famille à gérer, et des cours à préparer.

Dans de nombreux cas, le dévouement et la disponibilité des personnels est remarquable. Le ministre en convient. Il faudra qu’il s’en souvienne.

La vidéo aurait pu -aurait dû- s’arrêter là. En effet, la 2e partie est d’une tout autre teneur : demander encore plus d’efforts à des enseignants qui passent déjà leurs journées à préparer du travail, à le mettre à disposition, à faire les corrections, à assurer des permanences dans les écoles, ce n’est pas entendable.

Aussi, demander à différencier pour chacun des élèves - à distance-, exiger un appel téléphonique hebdomadaire auprès des familles, alors que les journées de chacun sont déjà bien remplies, ce n’est pas raisonnable… Les journées ne font que 24h, les enseignants sont bien souvent aussi des parents, ils ont aussi eux-mêmes des parents.

Loin de son pragmatisme habituel, notre ministre joue avec le feu alors que la période doit être à l’apaisement, à la confiance, à la compréhension. Dans une situation comme celle que nous vivons, les injonctions de cet ordre n’ont pas leur place. C’est le moment ou jamais de faire confiance aux enseignants, à leur professionnalisme, à leur conscience professionnelle, de mettre en pratique un discours martelé depuis Presque trois ans.
Il faut faire preuve de mesure à tous les niveaux : adapter les apprentissages, certes, mais sans mettre la pression ni sur les élèves, ni sur leurs parents, ni sur les enseignants.

Quant à la possibilité de modifier le calendrier scolaire, et par là même réduire la période de vacances scolaires, comme évoqué comme une piste par le ministre, c’est tout simplement une provocation à l’égard de toute une profession.

Nous n’avons pas besoin de ça en ce moment.

Laurent Hoefman Président du SNE


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